L’ADEPAPE 37 tire la sonnette d’alarme

En tant que correspondant local de presse, je suis amenée à rencontrer les associations de mon quartier, ses habitants, ses artistes. Comme je suis bavarde, mes articles sont souvent écourtés avant publication. Or, je crois que ces rencontres donnent à voir beaucoup de choses sur la France d’aujourd’hui. Aussi, j’en publierai certains ici en « version complète », voire augmentée de recherches annexes.


Qu’est-ce que l’ADEPAPE ?


L’Association Départementale des Personnes Accueillies en Protection de l’Enfance du département d’Indre-et- Loire est une association d’entraide s’adressant aux pupilles de l’État et assimilés, c’est à dire les personnes abandonnées par leurs parents biologiques. Elle a été créée en 1943 à l’initiative d’anciennes pupilles. Elle est affiliée à la Fédération Nationale d’Association d’Entraide des Pupilles et Anciens Pupilles de l’État, reconnue d’utilité publique. Il s’agit d’une association autonome, qui peut être recommandée par des services administratifs, mais qui n’en dépend pas. Elle est gérée par des personnes qui ont été à un moment de leur vie, placées par les services de l’ASE (Aide Sociale à l’Enfance). L’ADEPAPE est, pour ses adhérents qui ne peuvent compter sur un entourage familial, une véritable famille de substitution. Elle est d’ailleurs appelée « La Grande Famille de Touraine ». L’ADEPAPE regroupe c. 900 adhérents, à partir de 18 ans, jusqu’à sa doyenne centenaire.


Missions et fonctionnement.


Madame Tanzilli, secrétaire, est salariée à temps plein de l’association. Dans les locaux de la rue Herpin, elle reçoit les adhérents pour leur proposer un soutien moral, une écoute, et une aide administrative. Elle rappelle que le vécu des adhérents est tel, qu’ils ont souvent des difficultés, voire peur d’aller vers les services sociaux. Par ailleurs, lorsqu’une personne a grandi dans un foyer, elle peut rencontrer des difficultés à gérer un budget, à anticiper le paiement d’une taxe d’habitation, à chercher un emploi, à tenir une maison, parce qu’il n’y a pas eu de parents pour transmettre ces choses du quotidien. Ni leur présence rassurante pour entrer sereinement dans la vie, et être rapidement autonome. L’ADEPAPE, par l’échange d’expérience, les témoignages entre adhérents, et l’accompagnement proposé par Mme Tanzilli, permet d’acquérir ces compétences sociales indispensables. En cas de coup dur, ce sont des personnes qui ne savent pas toujours vers qui se tourner. Qui désigner comme « personne à prévenir en cas d’urgence », quand on n’a pas de famille ? A 18 ans, où chercher de l’aide administrative ? Comment poursuivre ses études, sans soutien familial ? Comment louer un appartement sans garant ? Ce sont aussi des personnes qui échappent aux « traditions familiales » ; et pour certains, sans l’ADEPAPE, pas de fête de Noël, pas d’anniversaire, pas de cadeau de mariage ou de naissance.
Rappelons qu’à 18 ans, les jeunes sortent des services d’aide sociale à l’enfance, et que, faute de relais comme l’ADEPAPE et autres associations, beaucoup finissent à la rue. Par ailleurs, du fait de leur situation, bien difficile d’avoir des ambitions scolaires, voire universitaires. Ce sont des jeunes qui sont orientés tôt vers des filières courtes, plutôt que vers un bac général et un master en sciences humaines, quand bien même ils en auraient les capacités. Quant à la possibilité d’avoir son permis de conduire dès ses 18 ans, cela semble bien compromis.


Appel aux dons


Pour ses c.900 adhérents, l’ADEPAPE est un réseau de solidarité, d’ailleurs désignée comme structure relais par les services de l’ASE au public concerné. Or, depuis 2010, l’ADEPAPE a vu fondre les aides financières qui lui étaient allouées par différentes institutions. En 2010, le montant de ces aides est passé brutalement de 63 500€ à 35 000€. Pour faire face à cette situation et continuer à assurer auprès de ses adhérents les services d’aide sociale et  l’accompagnement d’urgence, l’ADEPAPE a du puiser dans les legs faits par ses adhérents, ce qui a conforté les financeurs dans l’idée que l’association n’avait pas besoin d’une aide supérieure à 30 000€ (nouvelle baisse en 2016). Or, l’association aura bientôt épuisé ses ressources propres, et après avoir supprimé petit à petit les activités proposées, et les aides matérielles, c’est aujourd’hui le poste de la salariée qui est menacé, et donc l’existence même de l’association. L’ADEPAPE lance donc un appel aux dons, auprès des particuliers et des entreprises ; dons donnant droit à des déductions fiscales. Pour monsieur Deux, président de l’association, c’est la dernière chance de survie de l’ADEPAPE.

Pour rappel :
Code de l’action sociale et des familles – Article L 224-11
« L’Association départementale d’entraide entre les pupilles et anciens pupilles de l’État participe à l’effort d’insertion sociale des personnes admises ou ayant été admises dans le service de l’aide sociale à l’enfance. A cet effet, elle peut notamment leur attribuer des secours, primes diverses, dots et prêts d’honneurs. Ses ressources sont constituées par les cotisations de ses membres, les subventions du département, des communes, de l’état, les dons et legs.. Le conseil d’administration comporte deux membres des conseils de famille des pupilles de l’État. « 

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