A mes amis

A mes amis et à ceux qui furent des enfants tristes

Pauvres de vous, émotifs, dévastés par la moindre déception, trop gentils.
Rayonnants dès que vous êtes entourés.
Vous pouvez soulever des montagnes, quand ça a du sens, quand vous vous sentez compris, appréciés; quand ça améliore les autres, et vous avec.
Navrés par la méchanceté, l’injustice, c’est à dire souvent.
Malheureux quand on vous malmène,  quand on vous ment, quand vous pensez blesser quelqu’un…
Si seulement vous aviez pour vous-même l’indulgence que vous avez pour les autres…
Si seulement vous ne vous cachiez pas tant derrière des masques, par peur de déplaire, de faire peur avec votre sensiblerie…
Si seulement la gentillesse était une valeur refuge, vous ne sembleriez pas si gauches, être amoureux ne vous donnerait pas cet air crétin, vous n’auriez pas peur d’être sincères.
Il faut le dire, dans cette triste époque, vous êtes plutôt à côté de la plaque. La bienveillance, mais c’est tellement mièvre!
Plus mal compris qu’un mode d’emploi ikea…
Mais pourquoi s’obstiner à fréquenter des gens qui vous ressemblent si peu? Qui ne vous regardent pas, pas plus qu’ils ne vous écoutent?
Partez. Fuyez. Ils ne le verront même pas. Cherchez ceux qui vous ressemblent. Faites une colonie de « gentils », de mièvres, de lourdingues, de bizarres, de poires, de timides, de boulets, de gauches, d’artistes.
Vous parlerez poésie, lumière dans les feuillages et nuances de verts, synesthésie, odeur de la pluie et du café, souvenirs sonores, guitare sèche, cinéma d’auteur…
Soyez un coup de hache dans la mer gelée.
Improductifs, non rentables, amoureux en CDI, village-gaulois. Heureux.

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