Le Festival d’Avignon

Radio Campus au Festival d’Avignon

Cette année encore, j’ai eu la chance d’aller au Festival d’Avignon. Cette année, le festival fêtait ses 70 ans, et pour la première fois je n’y allais pas pour distribuer des tracts pour un spectacle du OFF, à des passants plus ou moins agréables, et lassés d’avoir été déjà vingt fois sollicités. Non. J’y allais pour faire mon métier : des reportages radiophoniques! 🙂

C’est grâce à la constitution d’une rédaction inter-Radios Campus que cela a été possible! Nous venions de Paris, de Lyon, de Montpellier, d’Avignon, de Tours, de Marseille… Vive les radios associatives libres et indépendantes! En cliquant ici, vous pourrez réécouter les émissions en direct de cette belle aventure!

Avignon 2016 - équipe Radios Campus!Regardez comme nous sommes jolis et contents!

Trois reportages sonores

Ce premier reportage est une promenade dans Avignon. On y entend une compagnie du OFF présenter son spectacle, Camille Vallat, costumière qui a réalisé les costumes de Ceux qui errent ne se trompent [IN] pas de Maëlle Poesy. On y entend aussi des extraits de Tristesses [IN] de Vandalem : très bon spectacle. Théâtre, musique live, vidéo, chant, chorégraphie : un art total anticipatoire, qui met en garde contre les malversations d un parti extrémiste, prêt à sacrifier des vies humaines pour le pouvoir, auquel on obéit par peur ou par appât du gain, jusqu’à ce qu’il soit trop tard. Détournement des symboles, utilisation des victimes sacrifiées, rendus possible par nos petites lâchetés quotidiennes… On vous aura prévenus…
Puis la parole est donnée à Margaux, militante au CEMEA, une association d’éducation populaire qui permet à des jeunes de découvrir le festival d’Avignon. Et puis, un monsieur qui présente son spectacle, un monologue, présenté dans le OFF, et enfin, un journaliste de La Marseillaise du Vaucluse, qui explique pourquoi le festival ne le rend pas très enthousiaste…



Et puis, comme un spectacle c’est ce que l’on voit sur scène, mais aussi tout ce qui se passe dans les coulisses, j’ai eu envie de rencontrer plusieurs membres d’une même équipe artistique, pour comprendre une démarche artistique, et comment ce que nous voyons sur scène est le fruit de mois de travail en équipe. Ainsi j’ai d’abord rencontré – avec Marion Pastor, comédienne – Bérangère Vantusso, metteur en scène de l’Institut Benjamenta; et Déborah Boucher, qui a réalisé les perruques des marionnettes du spectacle. Puis je suis allée rencontrer le comédien Guillaume Gilliet et Arnaud Paquotte, créateur sonore. Ces quatre interviews montrent l’importance qu’a chaque professionnel dans un projet artistique, comment leurs talents et compétences se complètent. Et derrière le métier, il y a aussi un parcours personnel, un regard sur notre réel, une histoire commune, qui s’écrit au fil des créations ensemble.



Enfin, à quelques encablures de bus du bouillonnement d’Avignon-centre, je me suis rendue à la Chartreuse de Villeneuve-lez-Avignon pour rencontrer Tristan Plot, éducateur d’oiseaux. Il travaille avec Marie Vialle et Pascal Quignard sur le spectacle La Rive dans le noir, où l’on peut voir une corneille et une chouette effraie. Bienvenue dans l’univers des oiseaux de scène !



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Et il faut bien le dire, le festival d’Avignon, ce sont aussi les bistrotiers qui vous chassent de leur terrasse parce que vous avez fini votre sirop, et qu’une famille de quatre personnes voudrait s’asseoir. Ils entendent déjà les pièces tomber dans l’escarcelle du bar d’en face.
Le bistrotier – secoue les chaises et la table à coté de la mienne, en soupirant ostensiblement, ton sec – Bon, vous prendrez autre chose?
Moi – dans un sourire – Vous voulez que je parte, c’est ça?
Le bistrotier – ton presque agressif – Ben si vous ne prenez qu’un sirop, oui.
Pauvres gens, il faut les comprendre. Le festival, c’est le gros de leur chiffre d’affaire. Deux pintes et deux coca, c’est plus rentable qu’une « connasse » entrain de derusher ses enregistrements devant un Pac à l’eau.  Et puis la dame s’était déjà assise en me toisant, et en posant ses achats des soldes sur mes pieds. Peut-être, après tout, que cette terrasse tout à l’entrée de la rue des Teinturiers était un repaire de gens délicieux. J’aurais du me renseigner.

13667856_10154291804923431_3020324188711818212_o« Toi qui entre ici, abandonne toute espérance » – Dante Alighieri, Inferno

Je n’aime pas couper la parole aux gens qui m’accordent du temps. Si je viens les interviewer, c’est parce qu’ils savent, et moi non. Je ne crains pas de passer pour une andouille, et de poser des questions qui peuvent paraître simplistes, voire sottes, plutôt que de faire des réflexions sophistiquées et pédantes. Je suis plus médiatrice culturelle que critique d’art. Ce qui m’intéresse, c’est que les gens se regardent, et se parlent, s’écoutent, et pas de prouver que j’appartiens à une élite intellectuelle autoproclamée. C’est une position qu’il faut tenir en serrant parfois un peu les dents, face à des snobs, qui confondent le drapeau belge et le drapeau allemand, se racontent leurs dîners avec tel metteur en scène pour vous exclure avec mépris de leur conversation, étalent leur vie privée, et sont si imbus de leur personne et amoureux d’eux-mêmes, qu’ils prennent pour des avances un sourire aimable, ou les questions que – feignant l’intérêt par politesse – vous leur posez. Il est tentant et aisé de répondre à leurs provocations mais pourquoi ajouter du vain à la vanité?

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